{"id":17,"date":"2020-10-02T17:55:44","date_gmt":"2020-10-02T15:55:44","guid":{"rendered":"https:\/\/wp-hosting.grid-labs.com\/paracelsia\/?post_type=publication&#038;p=17"},"modified":"2021-04-25T16:00:11","modified_gmt":"2021-04-25T14:00:11","slug":"hydnellum-peckii","status":"publish","type":"publication","link":"https:\/\/wp-hosting.grid-labs.com\/paracelsia\/publications\/hydnellum-peckii\/","title":{"rendered":"Hydnellum Peckii"},"content":{"rendered":"<p>GABY : En poussant la porte de ce shop, j&rsquo;ai repens\u00e9 \u00e0 ce matin. \u00c0 tous les matins en fait, depuis tellement longtemps que je perds le compte. Cern\u00e9e entre la balance et le miroir, le d\u00e9go\u00fbt de soi chevill\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e2me, et ce corps que je ne peux plus voir, que je ne veux plus voir. Ce corps ha\u00ef. Ce corps aux mille d\u00e9fauts.<\/p>\n<p>J&rsquo;ai repens\u00e9 au moment o\u00f9 j&rsquo;ai tap\u00e9 sur Google \u00ab\u2009comment modifier son corps\u2009\u00bb, comme si \u00e7a allait me sortir une recette, une putain de notice. J&rsquo;ai cliqu\u00e9 sur le premier lien. \u00ab\u2009Pers\u00e9e shop, bodmod art\u2009\u00bb. Pers\u00e9e\u2026 Fils de Dieu qui coupa la t\u00eate de M\u00e9duse. S&rsquo;il y avait un endroit o\u00f9 on pouvait vaincre les monstres, ce serait forc\u00e9ment celui-l\u00e0.<\/p>\n<p>Je suis entr\u00e9e sur ce site comme on entre en religion, pr\u00eate \u00e0 tout voir, le doigt sur la souris, pr\u00eat \u00e0 l\u00e2cher le rep\u00e8re de Dante \u00e0 tout moment. Et j&rsquo;ai vu. Aiguilles du dermographe griffant gentiment des \u00e9pidermes\u2026 Barbell de piercing transper\u00e7ant d\u00e9licatement des arcades, des t\u00e9tons, des glands, des l\u00e8vres\u2026 Lames de scalpel fendant gracieusement les chairs, semant des lignes vermillon sur des peaux diaphanes, des arabesques carmin sur fond ivoire&#8230; Crochets et c\u00e2bles suspendant magnifiquement les corps des aspirants O-Kee-Paa* dans des postures de crucifi\u00e9 Chaque image sur ce site est celle d&rsquo;un virage si net, si abrupt, par rapport \u00e0 la beaut\u00e9 aseptis\u00e9e et conventionnelle, que je ne pouvais d\u00e9tourner les yeux, \u00e0 la fois terrass\u00e9e et fascin\u00e9e.<\/p>\n<p>Ces gens sur l&rsquo;\u00e9cran avaient fait l&rsquo;exp\u00e9rience de leur chair, de sa vuln\u00e9rabilit\u00e9\u2009; ils avaient rencontr\u00e9 la douleur et le plaisir, l&rsquo;adr\u00e9naline et les endorphines. Ces substances avaient, pendant quelques minutes, habit\u00e9 leur corps d&rsquo;une fa\u00e7on singuli\u00e8re. Ils avaient vol\u00e9. Sans r\u00e9fl\u00e9chir, j&rsquo;avais appuy\u00e9 sur la touche \u00ab\u2009Contact\u2009\u00bb. L&rsquo;artiste avait r\u00e9pondu le jour m\u00eame. On avait discut\u00e9, il avait fix\u00e9 une date et une heure, et j&rsquo;\u00e9tais l\u00e0, \u00e0 pousser cette porte, avec dans le bide une appr\u00e9hension qui bouillonnait comme l&rsquo;Etna. Au d\u00e9but, je ne vis que ses cheveux en bataille et les tatouages sur ses bras nus. Mais quand il releva la t\u00eate vers moi et me planta son regard dans les pupilles, un trou noir s&rsquo;ouvrit sous mon sternum. Ce mec-l\u00e0 allait engloutir mon monde. Je le savais comme si c&rsquo;\u00e9tait \u00e9crit depuis la nuit des temps.<\/p>\n<p>\u2014 Salut\u2009! Tu es \u00c9glantine. Entre, installe-toi, je suis \u00e0 toi tout de suite.<\/p>\n<p>PARA : Entendre mon nom dans sa bouche me donne le vertige, il doit me prendre pour une cruche avec un tel patronyme. Je suis prise de cette fichue panique, je ne sais pas ce que je fais l\u00e0, au milieu de la pi\u00e8ce. L&rsquo;odeur que je suppose \u00eatre de l&rsquo;\u00e9ther me transporte un instant dans une salle d&rsquo;h\u00f4pital. J&rsquo;entends le ronronnement vibrant et m\u00e9canique des machines dans les autres pi\u00e8ces. J&rsquo;esp\u00e9rais certainement une r\u00e9v\u00e9lation d\u00e9cisive \u00e0 mes p\u00e9r\u00e9grinations sur Internet.<\/p>\n<p>\u2014 Je m&rsquo;appelle Xavier, mais si tu pr\u00e9f\u00e8res mon pseudo de tatoueur\u2026<\/p>\n<p>J&rsquo;acquiesce sans r\u00e9pondre, occup\u00e9e \u00e0 observer l&rsquo;antre de l&rsquo;artiste avec attention. Je m&rsquo;imaginais \u00e0 tort un bordel sans nom avec des mouchoirs usag\u00e9s jonchant le sol. Quelques aiguilles tra\u00eenant deci-del\u00e0, m\u00eame si tous les avis du site web s&rsquo;accordent sur l&rsquo;hygi\u00e8ne irr\u00e9prochable des lieux.<\/p>\n<p>Je suis clairement nerveuse, Xavier semble s&rsquo;en amuser lorsque je m&rsquo;assieds enfin sur le si\u00e8ge face \u00e0 lui. Je dois m&rsquo;apaiser pour ne pas prendre la fuite.<\/p>\n<p>\u2014 Il faut se d\u00e9tendre, tout ira bien. Je suis l\u00e0 pour t&rsquo;aider \u00e0 faire un choix.<\/p>\n<p>J&rsquo;ai les mains moites d&rsquo;\u00eatre si proche d&rsquo;un inconnu. La discussion sur les r\u00e9seaux s&rsquo;\u00e9tant born\u00e9e \u00e0 des questions sur la douleur, les proc\u00e9dures et mes attentes. C&rsquo;est aga\u00e7ant qu&rsquo;il soit si d\u00e9tendu alors que je peine \u00e0 d\u00e9glutir.<\/p>\n<p>De ce que je vois en lan\u00e7ant quelques regards furtifs \u00e0 son endroit, Xavier poss\u00e8de des cheveux dor\u00e9s en pagaille, il est ras\u00e9 sur les c\u00f4t\u00e9s couleur champ\u00eatre. Il a deux anneaux pos\u00e9s sur les l\u00e8vres qui lui donnent un air vampirique. Trois bandes in\u00e9gales tatou\u00e9es sur la gorge, qui ne cache pas enti\u00e8rement les boursouflures de chair en dessous. Xavier a des \u00ab\u00a0bielles\u00a0\u00bb recouvertes de tatouages de monstres, je reconnais les plus importants. De vieilles cr\u00e9atures hollywoodiennes et des croquemitaines plus modernes. Il a au bras gauche des implants subdermiques qui lui donne l&rsquo;apparence des merveilles qui ornent son panth\u00e9on fantastique. Je le regarde enfin dans les yeux et tout mon corps se tend. Il y a un \u0153il parfaitement sombre, sans pupille qui me fascine de suite et l&rsquo;autre noyau couleur olive qui m&rsquo;observe.<\/p>\n<p>Je ressens une attirance particuli\u00e8re dans le creux de mon ventre aride, je ne m&rsquo;attendais pas \u00e0 ce que Xavier soit si magn\u00e9tique. J&rsquo;ai l&rsquo;image de ses mains plong\u00e9es dans ma chair, de son scalpel qui me fend, de sa langue qui cherche \u00e0 \u00e9ponger la fuite. Son sourire guide les palpitations malvenues de ma vulve. Je l&rsquo;imagine embrasser ma peau entrouverte et dirig\u00e9 son couteau vers l&rsquo;entr\u00e9e de mon d\u00e9sir. Je distingue pr\u00e9cis\u00e9ment dans cette vision qui me paralyse, l&rsquo;objet pointu se positionner \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e de mon ur\u00e8tre et s&rsquo;y ins\u00e9rer avec douceur.<\/p>\n<p>\u2014 Tu voulais me voir pour une scarification\u2009?<\/p>\n<p>Si je le pouvais, je me laisserais aller devant lui. Plus que jamais, je souhaite r\u00e9aliser cette renaissance avec sa ma\u00eetrise. \u00c9prouver la douleur, pouvoir fissurer ce corps que je ne tol\u00e8re plus, ce manque de relief, ces cicatrices que l&rsquo;on m&rsquo;a impos\u00e9es. Endurer la br\u00fblure, la d\u00e9cider seule et m&rsquo;apprivoiser. La chrysalide est juste diff\u00e9rente d&rsquo;une analyse. Xavier saisit le changement dans mon attitude, lui-m\u00eame s&rsquo;illumine et se rapproche un peu plus. Il exige silencieusement une confession, mais ce ne sera pas pour aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n<p>\u2014 Je voudrais recouvrir des plaies.<\/p>\n<p>GABY : \u2014 Je vois&#8230;<\/p>\n<p>Son regard glisse de mon visage que l&rsquo;angoisse rend un peu blafard \u00e0 ma gorge o\u00f9 je suis s\u00fbre qu&rsquo;on peut voir le sang pulser dans les art\u00e8res tant mon c\u0153ur s&#8217;emballe. Lentement, comme une caresse, il suit de ses yeux de cr\u00e9ature fantastique l&rsquo;arc de ma clavicule jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9paule que mon d\u00e9bardeur offre aux \u00e9l\u00e9ments. Sur la chair s&rsquo;\u00e9talent de fines cicatrices blanches presque parall\u00e8les. Ces lignes sont les scories de mes soir\u00e9es grises \u00e0 essayer d&rsquo;extirper \u00e0 coup de lames de rasoir les cris dans ma t\u00eate, \u00e9touffant dans un silence glac\u00e9, quand m\u00eame mes sanglots r\u00e9sonnaient comme des hurlements. Dans son regard, aucun jugement. Et quand ses orbes fascinants reviennent plonger dans mes iris, je le sens. Il me comprend. Il sait ce que c&rsquo;est, un corps qui se parle \u00e0 lui-m\u00eame, directement. Il sait \u00e0 quel point il peut \u00eatre l\u00e9nifiant pour l&rsquo;\u00e2me de voir couler son propre sang et de l&rsquo;observer dessiner sur le sol des runes vermillon.<\/p>\n<p>\u2014 Tu vas venir avec moi. Je vais te montrer ce qu&rsquo;il est possible de faire. Mais tu m&rsquo;as dit que tu avais d\u00e9j\u00e0 un motif en t\u00eate, c&rsquo;est \u00e7a\u2009?<\/p>\n<p>\u2014 Oui. Attends\u2026 je te l&rsquo;ai amen\u00e9.<\/p>\n<p>Je fouille mon sac pour en tirer une longue feuille repli\u00e9e et lui montre un dessin qui m&rsquo;a parl\u00e9. Une sorte de labyrinthe dans un cercle parfait et renfermant une \u00e9toile \u00e0 six branches.<\/p>\n<p>De chaque c\u00f4t\u00e9 du disque, deux quartiers de Lune se tournant le dos. Le symbole d&rsquo;H\u00e9cate, d\u00e9esse des morts et des carrefours, reliant le ciel, la terre et les enfers, et de sa triade lunaire.<\/p>\n<p>Tout autour, des arabesques rondes et douces telle une p\u00eache au soleil, et des ratures saccad\u00e9es, comme si un d\u00e9mon avait coll\u00e9 un grand coup de patte griffue sur le symbole.<\/p>\n<p>\u2014 J&rsquo;aimerais quelque chose comme \u00e7a. Si c&rsquo;est possible. Entre la cuisse et la hanche.<\/p>\n<p>\u2014 D&rsquo;accord&#8230; \u00e7a devrait \u00eatre jouable oui. Il faudra agrandir un peu le motif, pour que ce soit bien lisible. Et je dois voir l&#8217;emplacement, v\u00e9rifier si y&rsquo;a pas un grain de beaut\u00e9 ou une saloperie comme \u00e7a qui va nous g\u00eaner. Tiens, installe-toi l\u00e0. D\u00e9shabille-toi, tu peux poser tes affaires sur la chaise. Je vais num\u00e9riser ton dessin, l&rsquo;agrandir et j&rsquo;arrive.<\/p>\n<p>Je me d\u00e9barrasse rapidement de mes v\u00eatements sans prendre la peine de les plier. Debout en sous-v\u00eatements au milieu de cette petite pi\u00e8ce qui sent l&rsquo;alcool et la javel, je me sens plus nue que jamais. Quand Xavier revient, il jette sur mon corps un regard o\u00f9 je crois voir passer une lueur de vice.<\/p>\n<p>Tu projettes ma pauvre&#8230; Tandis qu&rsquo;il installe son mat\u00e9riel, je ne peux m&#8217;emp\u00eacher de le mater \u00e0 en perdre la vue. On devine sous les tissus un torse tout en motifs et en reliefs comme une \u0153uvre d&rsquo;art contemporaine. Son T-shirt largement ouvert et d\u00e9chir\u00e9 me laisse entrevoir une poitrine o\u00f9 j&rsquo;ai imm\u00e9diatement envie de coller mes mains. Mon esprit s&rsquo;inonde de visions licencieuses&#8230; Moi chevauchant ce corps d&rsquo;encre et de sang, l&rsquo;enserrant de mes cuisses, m&#8217;empalant sur sa queue, attirant contre mes seins tendus sa bouche pour qu&rsquo;il les d\u00e9vore, qu&rsquo;il me morde, qu&rsquo;il me marque&#8230; Ces flashs me liqu\u00e9fient \u00e0 en \u00eatre honteuse et infusent dans l&rsquo;air un parfum de cyprine et de d\u00e9bauche m\u00eal\u00e9es. Xavier ne semble pas y pr\u00eater attention. Quand il se retourne vers moi, j&rsquo;ai les pupilles \u00e9clat\u00e9es d&rsquo;envie.<\/p>\n<p>\u2014 Bon tu vas t&rsquo;allonger l\u00e0, sur le dos, et je vais nettoyer la peau pour commencer. Ensuite je tracerai le motif au feutre, et tu me diras pour le placement. Et apr\u00e8s, si t&rsquo;es pr\u00eate\u2026 on y va. D&rsquo;accord ?<\/p>\n<p>J&rsquo;acquiesce, incapable d&rsquo;articuler le moindre mot. Et la pointe du feutre se pose sur ma peau et trace d\u00e9licatement une ligne d&rsquo;une finesse telle que je peine \u00e0 la voir. Le regard ferm\u00e9 au monde, une main sur l&rsquo;int\u00e9rieur de ma cuisse pour me tenir parfaitement immobile, Xavier commence \u00e0 cr\u00e9er \u00e0 l&rsquo;arri\u00e8re de ma jambe une \u0153uvre de perspectives o\u00f9 chaque ligne, miraculeusement juste et subtile, compl\u00e8te parfaitement la suivante. La pointe douce du marqueur va et vient sur ma peau, caresses minuscules et pr\u00e9cises que souligne son souffle chaud quand il se rapproche de moi pour fignoler un d\u00e9tail, parfaire une ombre ou rectifier une courbe. L&rsquo;\u0153uvre grandit, se r\u00e9pand comme un \u00e9chafaudage de bleu sur mon flanc, commen\u00e7ant \u00e0 envahir ma hanche. La mine sature mes sens. Xavier reste parfaitement concentr\u00e9, pench\u00e9 sur moi et sur son travail. Je sens la main large et chaude ancr\u00e9e \u00e0 ma jambe fr\u00f4ler par \u00e0-coups ma culotte visiblement tremp\u00e9e. Impossible \u00e0 cacher. Foutue pour foutue, autant ne pas s&#8217;embarrasser de la honte. J&rsquo;\u00e9carte l\u00e9g\u00e8rement les jambes. Le dessin finit par buter contre la dentelle sage. Sans s&rsquo;interrompre, Xavier repousse doucement le tissu et fait fleurir des arabesques bleues jusque dans le pli de l&rsquo;aine. Je cesse de respirer, gardant dans ma poitrine un air br\u00fblant et rouge, qui ne semble pouvoir fuir qu&rsquo;en g\u00e9missement.<\/p>\n<p>C&rsquo;est trop. Trop incandescent, trop rapide, trop d&rsquo;attente&#8230; Quand un trait plus appuy\u00e9 que les autres s&rsquo;enhardit \u00e0 s&rsquo;approcher de ma chatte, ma main cherche une prise, la trouve dans ses cheveux et je rel\u00e2che une nu\u00e9e ardente de souffle \u00e9carlate.<\/p>\n<p>Sans l\u00e2cher son feutre, Xavier pose simplement ses l\u00e8vres sur le tissu cachant \u00e0 peine mes nymphes d\u00e9tremp\u00e9es. Baiser insatiable, cama\u00efeu de sensations qui d\u00e9ferlent en vague carmin, remontent le chevalet des c\u00f4tes, \u00e9clatent dans ma nuque en une fleur de supplice azure et d\u00e9licieuse. Sa main libre lib\u00e8re mes chairs de garance impatientes et ruisselantes, et sa langue vient cueillir mon clitoris. Il le prend entre ses l\u00e8vres, et l&rsquo;aspire avec avidit\u00e9. Le feutre aveugle m\u00e8ne seul sa course sur ma peau, faisant \u00e9clore sur ma bouche mille nuances inarticul\u00e9es. Il finit par le laisser tomber au sol pour jouer de ses phalanges, m&rsquo;envahissant \u00e0 deux et rapidement \u00e0 trois, triptyque m&rsquo;assi\u00e9geant en volutes d\u00e9licates et m&rsquo;amenant au bord de la d\u00e9chirure.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u0153uvre de bleu \u00e9ph\u00e9m\u00e8re salit sa bouche, marque ses joues d&rsquo;ombres liquoreuses. Des silhouettes anonymes et floues courent sur les draps blancs tendus sur le banc o\u00f9 je suis install\u00e9e, spectateurs sans visage inconscients de ma petite mort qui se fait attendre. Les mots s&rsquo;accumulent dans ma bouche en files interminables, incapables de sortir, retenus par pudeur plus que par peur. Xavier le sent, et fait ses doigts plus longs, plus avides encore, plus nombreux pour combler l&rsquo;espace de mon insondable et indicible ascension. Il porte ensuite \u00e0 mes l\u00e8vres sa main souill\u00e9e, me la glisse dans la bouche pour y couler une salive lourde et ti\u00e8de, laissant sur mon menton un lavis de cobalt et de cyprine. Il reprend possession de sa patte ruisselante et ses phalanges glissent enfin, nombreuses et attendues, tout au fond de ma vulve. Trois doigts pilonnant ma chatte et ma pudibonderie. Presque nue sur cette table, jambes ouvertes, gorge d\u00e9ploy\u00e9e, j&rsquo;\u00e9clabousse les murs de mots qui tachent, de syllabes obsc\u00e8nes. Je l\u00e2che prise. Des va-et-vient comme un ressac sourd et profond, et soudain la vague immense d&rsquo;une jouissance vive, aveuglante&#8230; Les mains crisp\u00e9es dans ses cheveux, je gicle sur sa bouche en un grognement, \u00e9crase ses l\u00e8vres, retiens sa langue contre moi pour qu&rsquo;il boive \u00e0 la source le fruit de ses ardeurs.<\/p>\n<p>D\u00e9licatement, il reprend sa main, me laissant vid\u00e9e et b\u00e9ante. Sur mon flanc s&rsquo;\u00e9tale un motif sans aucune logique, sans proportions, sans logique et d&rsquo;une terrassante beaut\u00e9. Daliesque.<\/p>\n<p>Nageant dans l&rsquo;indolence liquoreuse de cet orgasme hallucinant, je l&rsquo;aper\u00e7ois entre mes paupi\u00e8res entrouvertes se laver les mains, enfiler une autre paire de gant, et ouvrir le scell\u00e9 thermocoll\u00e9 d&rsquo;un scalpel \u00e0 usage unique.<\/p>\n<p>\u2014 Bouge pas. On va planquer tes plaies sous un oc\u00e9an de stupre\u2026<\/p>\n<p>PARA : \u00c0 ce moment, je ne ressens aucune crainte, j&rsquo;aper\u00e7ois juste l&rsquo;\u0153il sombre qui m&rsquo;entra\u00eene dans un ab\u00eeme immense. Xavier se redresse, il \u00e9treint de son ovale \u00e9meraude le cadavre vivant sur sa table d&rsquo;op\u00e9ration. Il doit examiner les stigmates, les traces rectilignes, celles qui ressemblent \u00e0 des morsures. Les profondes rubicondes, les anarchistes radieuses au moment de rage, les plus nombreuses. Elles convergent, furieuses, bousculant les plus faibles, vers ma poitrine, regagner ce c\u0153ur qui s&rsquo;\u00e9broue tout d&rsquo;un coup.<\/p>\n<p>Xavier parcourt la mappe chaude et s&rsquo;arr\u00eatent sur des crevasses. Il essaye de p\u00e9n\u00e9trer les cicatrices, je sens pr\u00e8s de ma culotte imbib\u00e9e, la bosse de son \u00e9moi. Plus il serpente les entailles hideuses, plus la b\u00eate s&rsquo;\u00e9veille, impatiente, bute contre le tissu de son pantalon. Je le regarde me consid\u00e9rer comme une sainte, tandis que le papier en dessous de mes fesses se d\u00e9chire lorsque je remonte un peu plus pour qu&rsquo;il me voie mieux sous sa lampe. Je reste immobile, j&rsquo;adore le contempler dans sa scrutation de ma peau. Je suis effar\u00e9e de l&rsquo;adoration qu&rsquo;on peut porter \u00e0 cette chose d\u00e9charn\u00e9e et satur\u00e9e de blessures que je suis. Je me surprends \u00e0 \u00e9prouver une curieuse excitation, \u00e0 imaginer sa queue z\u00e9br\u00e9e de veines monstrueuses, pleine de sperme qui se plante dans l&rsquo;ouverture mouill\u00e9e. Elle attend, \u00e9cumante, qu&rsquo;on la condamne. J&rsquo;ai envie de le supplier de me prendre alors que je ne suis pas venue pour \u00e7a.<\/p>\n<p>Je ne comprends pas ce qu&rsquo;il se passe, mais nos \u00e2mes semblent se reconna\u00eetre. Il s&rsquo;attarde sur mon visage, j&rsquo;ai la bave aux l\u00e8vres, \u00e7a s&rsquo;\u00e9coule l\u00e9g\u00e8rement \u00e0 la commissure de ma bouche. Sa main, gant\u00e9e, recueille la manne, remonte la source et dispara\u00eet dans le gouffre inond\u00e9, il prend son temps, je n&rsquo;appr\u00e9cie pas le go\u00fbt de l&rsquo;accessoire. Malgr\u00e9 tout, je le laisse faire, il chatouille ma luette, il ne la choque pas trop brusquement. Je sens le reflux plus d&rsquo;une fois, mais me retiens de vomir, je ravale. Il retire ses doigts et reste immobile, il tente de se contenir, me lance un sourire tout \u00e0 fait ravageur. Xavier fait passer son pull par-dessus sa t\u00eate et l&rsquo;envoie valdinguer dans un coin de la pi\u00e8ce. Il \u00e9carte brusquement mes cuisses, j&rsquo;entends un craquement t\u00e9nu. Le cri que je lance le fait sourire, c&rsquo;est totalement surr\u00e9aliste, l&rsquo;air carnassier que cela lui conf\u00e8re, mais je n&rsquo;ai toujours pas d&rsquo;appr\u00e9hension. Comme si tout m&rsquo;avait men\u00e9 ici, dans cette salle vers lui. Le scalpel toujours mena\u00e7ant, je m&rsquo;abandonne enti\u00e8rement refusant de me soustraire \u00e0 l&rsquo;\u00e9clat froid et morbide de ce bistouri.<\/p>\n<p>Xavier d\u00e9coupe les sangles de ma culotte puis d\u00e9boutonne la cage de son colosse. Le bel animal surgit, par\u00e9 de plusieurs petites boules en aciers qui ornent sa t\u00eate. Je suis \u00e0 bout, je veux l&rsquo;attraper, le branler un peu et le faire glisser en moi. Je sens les replis de mon temple s&rsquo;entrouvrir et rel\u00e2cher les effluves savoureux, je suis \u00a0pr\u00eate \u00e0 le recevoir.<\/p>\n<p>Je veux apaiser l&rsquo;\u00e9ruption annonc\u00e9e, mais Xavier intercepte mon geste et me retient. J&rsquo;accueille la peau satin\u00e9e et les billes qui taquinent l&rsquo;entr\u00e9e de mon vagin et s&rsquo;\u00e9l\u00e8vent le long du brasier jusqu&rsquo;\u00e0 se borner sur les bords de mes rives. Son doigt effleure constamment le petit bouton et l&rsquo;\u00e9crase, je fr\u00f4le la tachycardie lorsqu&rsquo;il recommence. Cette fois, je go\u00fbte la pointe du couteau sur mon ventre, il s&rsquo;enfonce un moment l\u00e9g\u00e8rement et se retire avec un rire bref. Il r\u00e9it\u00e8re le jeu, je dois m&rsquo;accrocher pour ne pas glisser, pour supporter la prochaine semonce, plus vicieuse, plus intense. Mieux la lame s&rsquo;\u00e9gare, plus il creuse, me brise avec sa largeur, ressort glaireux, j&rsquo;\u00e9cume comme une chienne, tandis que la tranche insidieuse me tourmente. Entre d\u00e9lire et plaisir, je l\u00e2che un r\u00e2le, mais il me plaque sa main sur la bouche et se plante jusqu&rsquo;\u00e0 la garde dans mon fort.<\/p>\n<p>Son corps c\u00e8de, recouvre le mien, il entreb\u00e2ille la bouche et se mord. J&rsquo;appr\u00e9cie ce baiser \u00e9trange qui perdure alors qu&rsquo;il tente de me perforer avec son dard. Il maintient son \u00e9treinte, m&rsquo;\u00e9crase compl\u00e8tement et cherche \u00e0 heurter le fond de mes entrailles afin de les combler. Je l&rsquo;entends murmurer des obsc\u00e9nit\u00e9s, je reste proche de l&rsquo;implosion. Son bas-ventre produit un frottement sauvage sur mon berlingot, je d\u00e9faille au bord d&rsquo;un ravin jusque-l\u00e0 m\u00e9connu. Je sens bient\u00f4t le scalpel sous ma gorge, j&rsquo;imagine sa membrane me p\u00e9n\u00e9trer sous le feu de son affairement. L&rsquo;image provoque en moi un vertige total, je tremble sans le l\u00e2cher des yeux. Je ne suis plus tr\u00e8s loin de l&rsquo;explosion.<\/p>\n<p>\u2014 J&rsquo;ai tellement envie de te briser, petite ind\u00e9cente, si soif de te faire mal.<\/p>\n<p>Mes yeux se r\u00e9vulsent, mes griffes s&rsquo;enfoncent dans ses bras mutants. Lorsque la b\u00eate quitte mon fourreau, j&rsquo;expulse toute ma jouissance en un jet r\u00e9gulier sur le fauteuil. Mon Dieu, je l&rsquo;entends rire, mais il ne rel\u00e2che pas l&rsquo;\u00e9treinte pour autant ni la lancette.<\/p>\n<p>GABY : Xavier s&rsquo;\u00e9loigne d&rsquo;un grand pas pour admirer son \u0153uvre. Je suis devenue une toile de ma\u00eetre. Impressionnisme d\u00e9lirant. Sur le torse nu de l&rsquo;artiste, un lavis de cyprine donne \u00e0 sa peau des reflets diapr\u00e9s. L&rsquo;encre du stylo y forme des nuages effiloch\u00e9s qui se perdent autour de sa main gant\u00e9e et macule sa queue turgescente. Il bande encore, je suis partie trop t\u00f4t. \u00c9trangement cette pens\u00e9e me ravit, moi qui aie plut\u00f4t l&rsquo;habitude des mecs qui se vident sur ma vulve et s&rsquo;endorment sur mon plaisir mort avant d&rsquo;avoir \u00e9clat\u00e9.<\/p>\n<p>Il r\u00e9ajuste le gant sur les doigts qui tiennent le scalpel, me gicle l&rsquo;alcool \u00e0 m\u00eame la peau depuis la pissette, et, d&rsquo;un papier frotte vigoureusement sur mon flanc le liquide qui goutte jusqu&rsquo;\u00e0 mon cul. La peau rougit sous cet affront. Je me laisse manipuler, marionnette consentante encore dans les limbes d&rsquo;endorphine. Il s&rsquo;installe ensuite sur le haut tabouret et sa lame approche. Un trait, et ma peau pleure un sang vermillon qui \u00e9crase les volutes de bleu \u00e9th\u00e9r\u00e9es. L&rsquo;information de douleur a du mal \u00e0 cheminer de mes nerfs satur\u00e9s jusqu&rsquo;\u00e0 ma t\u00eate qui flanche. Je le regarde faire, mon beau Priape. Je vois qu&rsquo;il sourit en dessous de son masque, qu&rsquo;il bande sous la table. La lumi\u00e8re scialytique valse sur les billes d&rsquo;acier qui ornent son gland et la lame poursuit sa route. Elle incise, elle d\u00e9coupe et je la regarde faire comme si ce corps n&rsquo;\u00e9tait pas \u00e0 moi. Comme si cet \u00e9piderme n&rsquo;\u00e9tait qu&rsquo;un costume mal taill\u00e9 dont je m&rsquo;accoutrais chaque jour avec l&rsquo;espoir fou que quelqu&rsquo;un, n&rsquo;importe qui, tire sur les coutures et m&rsquo;arrache de cette gangue. Xavier ne me d\u00e9coud pas il me d\u00e9coupe, et avec le sang qui coule j&rsquo;envahis le monde. Immanence grenat sous le feu de l&rsquo;inox aux reflets de cobalt.<\/p>\n<p>Il rel\u00e8ve les yeux et je plonge dans ses iris d\u00e9sassortis. J&rsquo;y vois mon reflet. Il me sonde, me p\u00e9n\u00e8tre de son regard et fouille les m\u00e9andres de mon enc\u00e9phale, remuant les pens\u00e9es qui s&rsquo;y \u00e9taient agglutin\u00e9es. Je sens la lame du scalpel qui s&rsquo;enfonce doucement dans ma chair, mais je reste happ\u00e9e par ce regard qui me d\u00e9shabille l&rsquo;\u00e2me.<\/p>\n<p>Un courant \u00e9lectrique me parcourt, le corps se r\u00e9veille, se rebelle, et ma jambe sursaute. Xavier pose une main ferme sur ma cuisse et la colle \u00e0 la table.<\/p>\n<p>\u2014 Non, tu vas pas faire \u00e7a. Tu vas laisser couler\u2026<\/p>\n<p>Les phalanges gant\u00e9es de sa main libre glissent de ma jambe \u00e0 mes nymphes b\u00e9antes, elles les fouillent, les triturent avec science, et quand il enfonce la lame \u00e0 nouveau, il pr\u00e9cipite ses doigts larges dans mon vagin ruisselant. Je deviens carrefour de sensations fulgurantes. Il me vide d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 et me remplit de l&rsquo;autre. Le scalpel incise la hanche que je trouve trop large, et ses doigts se replient en crochets dans mon fourreau. Je me p\u00e2me. Il me tient. Je deviens pantin. Guignol en chaleur. Vas-y, anime-moi. Son pouce agace mon clitoris qui bande sous sa peau. Je suis liquide. Vide-moi sur cette table, putain.<\/p>\n<p>Xavier se rel\u00e8ve. Sur mon flanc, le scalpel a ouvert une arabesque de supplice. Il s&rsquo;approche et sa queue glisse contre le sang qui coule, macule son gland d&rsquo;un vernis carmin. Il s&rsquo;y vautre dans un r\u00e2le. Contre ma hanche il se branle et mon sang goutte ses bourses, d\u00e9vale ses cuisses fortes en ruisseaux vermeils. Ses doigts s&rsquo;affairent, ressortent, reviennent plus nombreux, plus fort. J&rsquo;\u00e9carte les cuisses, ind\u00e9cente. Je veux sa main enti\u00e8re, son poing, je veux qu&rsquo;il me d\u00e9chire, qu&rsquo;il comble l&rsquo;ab\u00eeme. J&rsquo;\u00e9carte les cuisses, et attrape son poignet pour l&rsquo;attirer \u00e0 moi. Il rentre son pouce dans sa paume et vrille sa main dans mon vagin qui d\u00e9gorge. Le passage de ses jointures me propulse au seuil de la d\u00e9chirure. Il \u00e9carte ses doigts en moi et je g\u00e9mis. Je suis un pantin.<\/p>\n<p>\u2014 Vas-y, invente une histoire maintenant&#8230;<\/p>\n<p>PARA : &#8230;Fais de moi cette souillure \u00e9carlate, je suis ta putain. Fissure-moi jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e2me.<\/p>\n<p>Il me d\u00e9visage h\u00e9b\u00e9t\u00e9 et continue l&rsquo;ascension, ouvrant de plus en plus ma b\u00e9ance incarnate. Il plonge tandis que je tente de m&rsquo;accrocher \u00e0 sa chair ferme.<\/p>\n<p>Je ne trouve pas mes mots sous la pulsion douloureuse qui me propulse dans un \u00e9tat second. J&rsquo;ai l&rsquo;impression qu&rsquo;on m&rsquo;extirpe les tripes joyeusement. Le poing poursuit son p\u00e9riple doux \u00e0 travers mes entrailles, repoussant la chair \u00e9troite, la tordant afin de ressortir et revenir exercer la pouss\u00e9e qui m&rsquo;arrache un cri silencieux. Je n&rsquo;oublie pas o\u00f9 je me trouve, je ne veux alerter personne, cette sph\u00e9rule me suffit. Tous mes membres sont tendus \u00e0 l&rsquo;extr\u00eame. De mon gosier s&rsquo;\u00e9l\u00e8ve bient\u00f4t un r\u00e2le inattendu, Xavier se penche alors pour imprimer ses crocs sur ma gorge. \u00c0 ce moment, je suis comme sonn\u00e9e, mon estomac est ravag\u00e9 et br\u00fblant. J&rsquo;hal\u00e8te de plaisir, je m&rsquo;accroche de douleur. La morsure agit comme un baume anesth\u00e9siant, un d\u00e9licieux supplice, je n&rsquo;ose gu\u00e8re \u00e9mettre de sons, ni me mouvoir sous ses assauts pr\u00e9cis.<\/p>\n<p>Ce temps me para\u00eet interminable, Xavier se redresse, il semble poss\u00e9d\u00e9, son expression change du tout au tout. Il sort de moi avec une brutalit\u00e9 assur\u00e9e pour passer entres mes cuisses sans vie. Mes jambes pendent mollement sur la table d&rsquo;op\u00e9ration, mais il les rel\u00e8ve sans m\u00e9nagement. Son scalpel dessine ce qui semble \u00eatre des volutes dentel\u00e9es au-dessus de mon pubis. Le bout de sa lame trace des sillons ma\u00eetris\u00e9s, la concentration le porte alors qu&rsquo;il bande \u00e0 l&#8217;embouchure de l&rsquo;abricot. Il la lutine sans perdre le trac\u00e9 sur ma peau. Lorsque je me cambre, son appendice tr\u00e9saille, p\u00e9n\u00e8tre sans le vouloir le V\u00e9suve et maintient ses distances en se reposant sur le nid de brindilles clairsem\u00e9es. Le souffle de Xavier trahit son empressement. Je sens sa queue conqu\u00e9rir la place dans un passage d\u00e9j\u00e0 vide, je m&rsquo;arc-boute convulsive, prise entre la d\u00e9tresse et le ravissement. Le bistouri s&rsquo;acharne en m\u00eame temps que les coups de reins profonds d&rsquo;un d\u00e9ment. Il s&rsquo;enfonce ardemment, exerce une danse lascive qui me crucifie litt\u00e9ralement. Je deviens d\u00e9lirante, mon corps n&rsquo;est plus qu&rsquo;une enveloppe de sueur caniculaire. Il me fend par son outil puis d\u00e9chire avec sa queue l&rsquo;humide crevasse. Je jure que je sens cogner contre la paroi de mon d\u00f4me ses boules en acier. Elles vibrent \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de moi, me vrillent les fondations, je finis par l&rsquo;expulser pour jouir en un flot continu de lave clair et bouillonnant. Xavier appr\u00e9cie tellement ce jet imp\u00e9rieux qu&rsquo;il ne me laisse pas me vider, sa bite retourne dans son fourreau. J&rsquo;aper\u00e7ois son sourire de satisfaction, il est enchant\u00e9 de m&#8217;emp\u00eacher de reprendre mon souffle, de m&rsquo;entraver. Il me traite de belle pisseuse, enfonce la lame plus fort, acc\u00e9l\u00e8re la cadence, je crois perdre la t\u00eate. Pourtant, je ne veux pas qu&rsquo;il s&rsquo;arr\u00eate. Supplici\u00e9e, la chair labour\u00e9e et liqu\u00e9fi\u00e9e. Je subis ce jeu insens\u00e9 pourtant, je m&rsquo;ouvre, je salive. En le voyant \u00f4ter l&rsquo;\u00e9piderme comme les \u00e9pluchures d&rsquo;oranges, je m&rsquo;\u00e9tonne d&rsquo;ignorer le d\u00e9go\u00fbt et le tourment. Je souhaite qu&rsquo;il glisse sa trique charg\u00e9e sur mes plaies. Qu&rsquo;il parcourt le parchemin \u00e9ventr\u00e9, s&rsquo;insinue dans les rainures, provoque le choc, me cr\u00e8ve l\u00e0.<\/p>\n<p>Xavier commence \u00e0 \u00e9ructer, je dispose mes pieds sur les rebords de notre cocon m\u00e9tallique afin de fournir l&rsquo;impulsion \u00e0 ces charges s\u00e9reuses. Le bas de son ventre vire au pourpre, \u00e7a me fait jubiler de constater que j&rsquo;\u00e9rafle tout avec ma potion tragique. Le sang nous lib\u00e8re enfin, il s&rsquo;accroche \u00e0 mes reins, s&rsquo;\u00e9chappe de son terrier et se laisse d\u00e9river abondamment dans un oc\u00e9an de foutre raisin\u00e9. Les picotements infects que cela provoque me font jouir de nouveau. Fascin\u00e9 par sa cliente avec qui il venait d&rsquo;endurer une s\u00e9ance intense, Xavier pose un long baiser sur mon front en sueur. Il se l\u00e8ve, me lib\u00e8re de son poids, les effluves bestiales finissent par synth\u00e9tiser avec l&rsquo;odeur d&rsquo;alcool qu&rsquo;il me pulv\u00e9rise sans indulgence sur le ventre. J&rsquo;aper\u00e7ois mon infirmier poursuivre son r\u00f4le, apr\u00e8s s&rsquo;\u00eatre essuy\u00e9 avec une serviette plac\u00e9e sur un tabouret dans un coin de son antre, puis, il saisit un immense rouleau blanc d&rsquo;essuie-tout. Lorsqu&rsquo;il se pose enfin sur la chaise qu&rsquo;il n&rsquo;aurait pas d\u00fb quitter depuis le d\u00e9but de la s\u00e9ance, patiemment, presqu&rsquo;avec tendresse, il me fait une toilette intime qui me fait de l&rsquo;effet. Il tamponne et ass\u00e8che sans se d\u00e9partir d&rsquo;un sourire insondable. Jamais personne ne s&rsquo;\u00e9tait occup\u00e9 de moi comme \u00e7a. La fin de la s\u00e9ance est plus s\u00e9rieuse, j&rsquo;ai dans la t\u00eate des images sirupeuses dignes des pires romances, le c\u0153ur flottant tandis que Xavier se rhabille et m&rsquo;explique la marche \u00e0 suivre pour la cicatrisation. La session \u00e9tait beaucoup trop courte, je veux un autre rendez-vous.<\/p>\n<p>Xavier braque ses yeux dans les miens, je m&rsquo;enfouis dans un sol mouvant imaginaire.<\/p>\n<p>\u2014 Apr\u00e8s le travail, je peux venir prolonger la s\u00e9ance chez toi.<\/p>\n<p>La g\u00e9livure craque \u00e0 nouveau et il pleut entre mes digues.<\/p>\n<p>*Chez les Mandans, une tribu d&rsquo;Am\u00e9rique du Nord, rituel d&rsquo;initiation pour obtenir le statut de guerrier incluant des suspensions<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"menu_order":0,"template":"","meta":{"inline_featured_image":false,"footnotes":""},"category_publication":[4],"class_list":["post-17","publication","type-publication","status-publish","hentry","category_publication-erotique"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v26.2 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>Hydnellum Peckii - Paracelsia Le Saign\u00e9<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/wp-hosting.grid-labs.com\/paracelsia\/publications\/hydnellum-peckii\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Hydnellum Peckii - Paracelsia Le Saign\u00e9\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"GABY : En poussant la porte de ce shop, j&rsquo;ai repens\u00e9 \u00e0 ce matin. \u00c0 tous les matins en fait, depuis tellement longtemps que je perds le compte. Cern\u00e9e entre la balance et le miroir, le d\u00e9go\u00fbt de soi chevill\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e2me, et ce corps que je ne peux plus voir, que je ne veux [&hellip;]\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/wp-hosting.grid-labs.com\/paracelsia\/publications\/hydnellum-peckii\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"Paracelsia Le Saign\u00e9\" \/>\n<meta property=\"article:modified_time\" content=\"2021-04-25T14:00:11+00:00\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\/\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\/\/wp-hosting.grid-labs.com\/paracelsia\/publications\/hydnellum-peckii\/\",\"url\":\"https:\/\/wp-hosting.grid-labs.com\/paracelsia\/publications\/hydnellum-peckii\/\",\"name\":\"Hydnellum Peckii - Paracelsia Le Saign\u00e9\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\/\/wp-hosting.grid-labs.com\/paracelsia\/#website\"},\"datePublished\":\"2020-10-02T15:55:44+00:00\",\"dateModified\":\"2021-04-25T14:00:11+00:00\",\"breadcrumb\":{\"@id\":\"https:\/\/wp-hosting.grid-labs.com\/paracelsia\/publications\/hydnellum-peckii\/#breadcrumb\"},\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\/\/wp-hosting.grid-labs.com\/paracelsia\/publications\/hydnellum-peckii\/\"]}]},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"https:\/\/wp-hosting.grid-labs.com\/paracelsia\/publications\/hydnellum-peckii\/#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"Accueil\",\"item\":\"https:\/\/wp-hosting.grid-labs.com\/paracelsia\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"Hydnellum Peckii\"}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\/\/wp-hosting.grid-labs.com\/paracelsia\/#website\",\"url\":\"https:\/\/wp-hosting.grid-labs.com\/paracelsia\/\",\"name\":\"Paracelsia Le Saign\u00e9\",\"description\":\"Je m&#039;\u00e9vide des maux sur ce qui est \u00e0 ma disposition, j&#039;\u00e9cris ce qui me vient sans me limiter. Si vous voulez en savoir plus, c&#039;est \u00e0 vous de me trouver.\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\/\/wp-hosting.grid-labs.com\/paracelsia\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":{\"@type\":\"PropertyValueSpecification\",\"valueRequired\":true,\"valueName\":\"search_term_string\"}}],\"inLanguage\":\"fr-FR\"}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"Hydnellum Peckii - Paracelsia Le Saign\u00e9","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/wp-hosting.grid-labs.com\/paracelsia\/publications\/hydnellum-peckii\/","og_locale":"fr_FR","og_type":"article","og_title":"Hydnellum Peckii - Paracelsia Le Saign\u00e9","og_description":"GABY : En poussant la porte de ce shop, j&rsquo;ai repens\u00e9 \u00e0 ce matin. \u00c0 tous les matins en fait, depuis tellement longtemps que je perds le compte. Cern\u00e9e entre la balance et le miroir, le d\u00e9go\u00fbt de soi chevill\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e2me, et ce corps que je ne peux plus voir, que je ne veux [&hellip;]","og_url":"https:\/\/wp-hosting.grid-labs.com\/paracelsia\/publications\/hydnellum-peckii\/","og_site_name":"Paracelsia Le Saign\u00e9","article_modified_time":"2021-04-25T14:00:11+00:00","schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/wp-hosting.grid-labs.com\/paracelsia\/publications\/hydnellum-peckii\/","url":"https:\/\/wp-hosting.grid-labs.com\/paracelsia\/publications\/hydnellum-peckii\/","name":"Hydnellum Peckii - Paracelsia Le Saign\u00e9","isPartOf":{"@id":"https:\/\/wp-hosting.grid-labs.com\/paracelsia\/#website"},"datePublished":"2020-10-02T15:55:44+00:00","dateModified":"2021-04-25T14:00:11+00:00","breadcrumb":{"@id":"https:\/\/wp-hosting.grid-labs.com\/paracelsia\/publications\/hydnellum-peckii\/#breadcrumb"},"inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/wp-hosting.grid-labs.com\/paracelsia\/publications\/hydnellum-peckii\/"]}]},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/wp-hosting.grid-labs.com\/paracelsia\/publications\/hydnellum-peckii\/#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Accueil","item":"https:\/\/wp-hosting.grid-labs.com\/paracelsia\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"Hydnellum Peckii"}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/wp-hosting.grid-labs.com\/paracelsia\/#website","url":"https:\/\/wp-hosting.grid-labs.com\/paracelsia\/","name":"Paracelsia Le Saign\u00e9","description":"Je m&#039;\u00e9vide des maux sur ce qui est \u00e0 ma disposition, j&#039;\u00e9cris ce qui me vient sans me limiter. Si vous voulez en savoir plus, c&#039;est \u00e0 vous de me trouver.","potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/wp-hosting.grid-labs.com\/paracelsia\/?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"fr-FR"}]}},"thumb_full":"https:\/\/wp-hosting.grid-labs.com\/paracelsia\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2020\/10\/hydnellum-peckiibg@2x.png","next_publication":{"title":"Barbarie d\u2019un organe palpitant","slug":"barbarie-dun-organe-palpitant","thumb":"https:\/\/wp-hosting.grid-labs.com\/paracelsia\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2020\/10\/14741copie-1.png"},"header_full":"https:\/\/wp-hosting.grid-labs.com\/paracelsia\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2020\/10\/hydnellum-peckii@2x.png","list_informations":[{"label":"Co-Autrice","value":"Paracelsia Le Saign\u00e9"},{"label":"Co-Auteur","value":"Gabriel Kevlec"},{"label":"Cr\u00e9dits Photo","value":"F\u00e9ebrile aka Isabelle Royet-Journoud"}],"categories":{"main":[{"term_id":4,"name":"\u00c9rotique","slug":"erotique","term_group":0,"term_taxonomy_id":4,"taxonomy":"category_publication","description":"","parent":0,"count":10,"filter":"raw"}],"sub":[]},"soundcloud":"905654842","yoast_title":"Hydnellum Peckii - Paracelsia Le Saign\u00e9","yoast_meta":[{"name":"robots","content":"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1"},{"property":"og:locale","content":"fr_FR"},{"property":"og:type","content":"article"},{"property":"og:title","content":"Hydnellum Peckii - Paracelsia Le Saign\u00e9"},{"property":"og:description","content":"GABY : En poussant la porte de ce shop, j\u2019ai repens\u00e9 \u00e0 ce matin. \u00c0 tous les matins en fait, depuis tellement longtemps que je perds le compte. Cern\u00e9e entre la balance et le miroir, le d\u00e9go\u00fbt de soi chevill\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e2me, et ce corps que je ne peux plus voir, que je ne veux [\u2026]"},{"property":"og:url","content":"https:\/\/wp-hosting.grid-labs.com\/paracelsia\/publications\/hydnellum-peckii\/"},{"property":"og:site_name","content":"Paracelsia Le Saign\u00e9"},{"property":"article:modified_time","content":"2021-04-25T14:00:11+00:00"},{"name":"robots","content":"index, follow, max-image-preview:large, max-snippet:-1, max-video-preview:-1"}],"yoast_json_ld":[{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/wp-hosting.grid-labs.com\/paracelsia\/publications\/hydnellum-peckii\/","url":"https:\/\/wp-hosting.grid-labs.com\/paracelsia\/publications\/hydnellum-peckii\/","name":"Hydnellum Peckii - Paracelsia Le Saign&eacute;","isPartOf":{"@id":"https:\/\/wp-hosting.grid-labs.com\/paracelsia\/#website"},"datePublished":"2020-10-02T15:55:44+00:00","dateModified":"2021-04-25T14:00:11+00:00","breadcrumb":{"@id":"https:\/\/wp-hosting.grid-labs.com\/paracelsia\/publications\/hydnellum-peckii\/#breadcrumb"},"inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/wp-hosting.grid-labs.com\/paracelsia\/publications\/hydnellum-peckii\/"]}]},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/wp-hosting.grid-labs.com\/paracelsia\/publications\/hydnellum-peckii\/#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Accueil","item":"https:\/\/wp-hosting.grid-labs.com\/paracelsia\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"Hydnellum Peckii"}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/wp-hosting.grid-labs.com\/paracelsia\/#website","url":"https:\/\/wp-hosting.grid-labs.com\/paracelsia\/","name":"Paracelsia Le Saign&eacute;","description":"Je m&#039;&eacute;vide des maux sur ce qui est &agrave; ma disposition, j&#039;&eacute;cris ce qui me vient sans me limiter. Si vous voulez en savoir plus, c&#039;est &agrave; vous de me trouver.","potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/wp-hosting.grid-labs.com\/paracelsia\/?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"fr-FR"}]}],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp-hosting.grid-labs.com\/paracelsia\/wp-json\/wp\/v2\/publication\/17","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp-hosting.grid-labs.com\/paracelsia\/wp-json\/wp\/v2\/publication"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp-hosting.grid-labs.com\/paracelsia\/wp-json\/wp\/v2\/types\/publication"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp-hosting.grid-labs.com\/paracelsia\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/wp-hosting.grid-labs.com\/paracelsia\/wp-json\/wp\/v2\/publication\/17\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":134,"href":"https:\/\/wp-hosting.grid-labs.com\/paracelsia\/wp-json\/wp\/v2\/publication\/17\/revisions\/134"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp-hosting.grid-labs.com\/paracelsia\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=17"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category_publication","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp-hosting.grid-labs.com\/paracelsia\/wp-json\/wp\/v2\/category_publication?post=17"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}